Encouragement de l'éducation bilingue

ShortId
92.455
Id
19920455
Updated
18.02.2019 19:03
Language
fr
Title
Encouragement de l'éducation bilingue
AdditionalIndexing
Immersion;Bildung;Kultur;Landessprache
1
  • L05K0106010306, Mehrsprachigkeit
  • L04K13020102, Sprachunterricht
  • L04K01060103, Sprache
  • L04K16020102, Begleitforschung
PriorityCouncil1
Conseil national
Texts
  • <p>L'éducation bilingue (c'est-à-dire l'enseignement par immersion en deux langues), dans laquelle une seconde langue est intégrée en tant que langue d'enseignement et n'est pas considérée comme une matière distincte comme dans l'enseignement traditionnel des langues, gagne du terrain, tant en Suisse qu'à l'étranger. L'expérience acquise et de nombreuses enquêtes prouvent que ce système permet d'améliorer considérablement l'enseignement de la seconde langue, si les autres conditions sont favorables, sans que l'enseignement de la langue maternelle et des autres matières n'en souffre, et facilite l'apprentissage d'autres langues encore (voir entre autres Watts/Andres, Berne 1990). Comparée à d'autres pays, la Suisse réunit d'excellentes conditions pour dispenser cette forme d'enseignement (ibid.). Les cantons intéressés devraient cependant pouvoir compter sur le soutien de la Confédération, notamment pour procéder à des travaux de recherche, ainsi que pour assurer le suivi des projets et l'exploitation des résultats.</p><p>La Suisse a perdu le rôle de pionnier qui était le sien en Europe dans le domaine du plurilinguisme. Elle doit actuellement entreprendre des efforts particuliers pour améliorer la compréhension des langues nationales, à la fois afin de faciliter les rapports entre les régions linguistiques et de renforcer sa compétitivité sur le marché international du travail. L'éducation bilingue peut apporter une contribution importante sur tous ces plans.</p><p>Voici quelques réflexions sur l'utilité d'encourager l'éducation bilingue en Suisse:</p><p>1. Importance particulière pour la Suisse</p><p>Pour les Suisses, citoyens d'un petit Etat pluriculturel, la connaissance des langues a toujours eu une importance particulière pour des raisons culturelles et politiques autant qu'économiques. Cela est d'autant plus vrai dans la situation politique et économique actuelle, de sorte que des efforts spéciaux devront être faits ces prochaines années (voir notamment DFI, Le quadrilinguisme en Suisse - présent et futur,1989 a et b).</p><p>2. Plurilinguisme, facteur d'identité nationale, limité chez les particuliers</p><p>Il est vrai que des efforts importants ont été faits en Suisse dans l'enseignement des langues (p.ex., l'enseignement d'une seconde langue commence plus tôt qu'auparavant à l'école), mais les résultats sont plutôt décevants. Bien que la Suisse soit un pays plurilingue et que ce fait soit même considéré comme un élément essentiel de son identité, un grand nombre de Suisses ne maîtrisent pas plus qu'une seule des langues nationales et ne sont que peu disposés à s'exprimer dans une autre de ces langues (voir entre autres Haller 1987; DFI 1989b). Il y a un large fossé entre le plurilinguisme officiel de la Suisse et le plurilinguisme dans la population. On s'en rend notamment compte quand on est à l'étranger, où les gens croient souvent que tout Suisse est bilingue, voire trilingue, et s'expliquent ainsi la bonne entente qui existe chez nous entre les groupes linguistiques. En réalité, la Suisse a perdu l'avance qu'elle avait autrefois sur le plan du plurilinguisme et ne joue plus en Europe le rôle de pionnier qui était le sien dans ce domaine (voir le symposium du 700e anniversaire).</p><p>3. Elimination des difficultés de compréhension et des préjugés</p><p>Nombreux sont ceux qui ont mis en garde, ces dernières années, contre la dérive qui risque d'éloigner les unes des autres les régions linguistiques de notre pays. Les examens passés par les recrues en 1985 par exemple ont confirmé ces dires et ont permis de constater que les interrogés n'étaient en général que peu enclins à utiliser une autre langue nationale que la leur. L'incompréhension croissante est apparue clairement lors de la campagne qui a précédé la votation du 6 décembre 1992 sur l'EEE et dans le résultat de ce scrutin. Une meilleure maîtrise des langues nationales est nécessaire pour réduire les difficultés de compréhension et corriger les préjugés qui en découlent.</p><p>4. Initiatives prises en Europe</p><p>En Europe, des efforts importants sont faits depuis quelques années pour encourager le bilinguisme ou même le plurilinguisme. Dans beaucoup de pays européens, l'enseignement des langues étrangères commence depuis un certain temps à 10 ou 11 ans déjà et ces dernières années, l'éducation bilingue a éveillé un intérêt croissant. La Communauté européenne et le Conseil de l'Europe appliquent une politique linguistique ciblée visant, par l'encouragement du bilinguisme, voire du plurilinguisme, à:</p><p>a. aplanir les obstacles que constituent les frontières linguistiques et culturelles et éliminer ainsi les préjugés;</p><p>b. contribuer à la sauvegarde des langues régionales minoritaires;</p><p>c) mieux exploiter les possibilités qu'offre le marché européen du travail, ce qui suppose de la mobilité et donc la maîtrise de plus d'une langue.</p><p>Le Conseil de l'Europe soutient plusieurs initiatives fondées sur une éducation bilingue précoce (voir Conseil de l'Europe, Atelier 5A). Si la Suisse s'engageait dans cette voie, elle pourrait, en tirant parti des avantages qu'elle possède, retrouver la position privilégiée qui était la sienne en Europe.</p><p>5. Nécessité économique</p><p>Indépendamment des considérations relatives à notre situation en Europe, il convient de relever que le secteur des prestations de service prend une importance sans cesse croissante dans l'économie et que ce secteur exige des connaissances linguistiques bien plus importantes que les secteurs primaire et secondaire. En Suisse même, on demande une mobilité accrue des travailleurs, qui devraient pouvoir traverser les frontières linguistiques sans difficulté. </p><p>6. Nécessité de pallier la connaissance insuffisante des langues nationales</p><p>L'encouragement de la connaissance d'une seconde langue s'impose spécialement en ce qui concerne les langues nationales, car on constate dans ce domaine des lacunes beaucoup plus importantes, et qu'il convient de combler, que pour l'anglais, langue d'importance mondiale (il ressort d'enquêtes menées notamment dans la jeunesse que celle-ci est plus sûre de ses connaissances en anglais - dont l'enseignement commence pourtant plus tard à l'école et est moins intensif - que de celles qu'elle possède dans une autre langue nationale).</p><p>7. Soutien de la Confédération</p><p>Le groupe de travail interdisciplinaire de la commission académique de l'Université de Berne (interdisziplinäre Arbeitsgruppe der Akademischen Kommission der Universität Bern) qui étudie de façon approfondie tous les aspects de l'éducation bilingue, constate que les conditions permettant de dispenser un tel enseignement sous ses diverses formes sont excellentes en Suisse, si on compare la situation existant dans notre pays à celle que l'on trouve au Canada, en France, en Allemagne et en Grande-Bretagne (Watts et Andres 1990; Andres 1990). L'étude montre cependant que les modèles d'éducation bilingue ne donnent satisfaction que s'ils sont conçus de manière à prendre en considération les différentes données régionales, culturelles, sociales et politiques. Des enquêtes faites dans des régions dans lesquelles on applique des modèles d'éducation bilingue telles que le pays de Galles, le Canada, le Pays basque, le Val d'Aoste, la Nouvelle-Zélande, etc. (voir entre autres Baker 1988), ont permis de constater que cela est une condition du succès. Par conséquent, des études scientifiques sont nécessaires pour élaborer les modèles adaptés aux conditions locales, évaluer le matériel scolaire, encadrer les parents, les instituteurs et les autorités scolaires, exploiter les résultats de l'enseignement dispensé, tirer profit de l'expérience acquise pour pouvoir élaborer de nouveaux modèles, etc. A cet effet, les cantons intéressés devraient pouvoir compter sur le soutien de la Confédération, sans qu'il y ait pour autant ingérence dans les domaines relevant de leur compétence.</p>
  • <p>Il convient de modifier l'article 27 de la constitution comme suit:</p><p>- Les cantons encouragent l'éducation bilingue dans les langues nationales.</p><p>- La Confédération soutient les efforts des cantons visant à promouvoir une éducation bilingue adaptée à la région et à sa culture, en particulier dans le domaine de la recherche, du suivi des projets et de l'exploitation des résultats.</p>
  • Encouragement de l'éducation bilingue
State
Liquidé
Related Affairs
Drafts
  • Index
    0
    Texts
    • <p>L'éducation bilingue (c'est-à-dire l'enseignement par immersion en deux langues), dans laquelle une seconde langue est intégrée en tant que langue d'enseignement et n'est pas considérée comme une matière distincte comme dans l'enseignement traditionnel des langues, gagne du terrain, tant en Suisse qu'à l'étranger. L'expérience acquise et de nombreuses enquêtes prouvent que ce système permet d'améliorer considérablement l'enseignement de la seconde langue, si les autres conditions sont favorables, sans que l'enseignement de la langue maternelle et des autres matières n'en souffre, et facilite l'apprentissage d'autres langues encore (voir entre autres Watts/Andres, Berne 1990). Comparée à d'autres pays, la Suisse réunit d'excellentes conditions pour dispenser cette forme d'enseignement (ibid.). Les cantons intéressés devraient cependant pouvoir compter sur le soutien de la Confédération, notamment pour procéder à des travaux de recherche, ainsi que pour assurer le suivi des projets et l'exploitation des résultats.</p><p>La Suisse a perdu le rôle de pionnier qui était le sien en Europe dans le domaine du plurilinguisme. Elle doit actuellement entreprendre des efforts particuliers pour améliorer la compréhension des langues nationales, à la fois afin de faciliter les rapports entre les régions linguistiques et de renforcer sa compétitivité sur le marché international du travail. L'éducation bilingue peut apporter une contribution importante sur tous ces plans.</p><p>Voici quelques réflexions sur l'utilité d'encourager l'éducation bilingue en Suisse:</p><p>1. Importance particulière pour la Suisse</p><p>Pour les Suisses, citoyens d'un petit Etat pluriculturel, la connaissance des langues a toujours eu une importance particulière pour des raisons culturelles et politiques autant qu'économiques. Cela est d'autant plus vrai dans la situation politique et économique actuelle, de sorte que des efforts spéciaux devront être faits ces prochaines années (voir notamment DFI, Le quadrilinguisme en Suisse - présent et futur,1989 a et b).</p><p>2. Plurilinguisme, facteur d'identité nationale, limité chez les particuliers</p><p>Il est vrai que des efforts importants ont été faits en Suisse dans l'enseignement des langues (p.ex., l'enseignement d'une seconde langue commence plus tôt qu'auparavant à l'école), mais les résultats sont plutôt décevants. Bien que la Suisse soit un pays plurilingue et que ce fait soit même considéré comme un élément essentiel de son identité, un grand nombre de Suisses ne maîtrisent pas plus qu'une seule des langues nationales et ne sont que peu disposés à s'exprimer dans une autre de ces langues (voir entre autres Haller 1987; DFI 1989b). Il y a un large fossé entre le plurilinguisme officiel de la Suisse et le plurilinguisme dans la population. On s'en rend notamment compte quand on est à l'étranger, où les gens croient souvent que tout Suisse est bilingue, voire trilingue, et s'expliquent ainsi la bonne entente qui existe chez nous entre les groupes linguistiques. En réalité, la Suisse a perdu l'avance qu'elle avait autrefois sur le plan du plurilinguisme et ne joue plus en Europe le rôle de pionnier qui était le sien dans ce domaine (voir le symposium du 700e anniversaire).</p><p>3. Elimination des difficultés de compréhension et des préjugés</p><p>Nombreux sont ceux qui ont mis en garde, ces dernières années, contre la dérive qui risque d'éloigner les unes des autres les régions linguistiques de notre pays. Les examens passés par les recrues en 1985 par exemple ont confirmé ces dires et ont permis de constater que les interrogés n'étaient en général que peu enclins à utiliser une autre langue nationale que la leur. L'incompréhension croissante est apparue clairement lors de la campagne qui a précédé la votation du 6 décembre 1992 sur l'EEE et dans le résultat de ce scrutin. Une meilleure maîtrise des langues nationales est nécessaire pour réduire les difficultés de compréhension et corriger les préjugés qui en découlent.</p><p>4. Initiatives prises en Europe</p><p>En Europe, des efforts importants sont faits depuis quelques années pour encourager le bilinguisme ou même le plurilinguisme. Dans beaucoup de pays européens, l'enseignement des langues étrangères commence depuis un certain temps à 10 ou 11 ans déjà et ces dernières années, l'éducation bilingue a éveillé un intérêt croissant. La Communauté européenne et le Conseil de l'Europe appliquent une politique linguistique ciblée visant, par l'encouragement du bilinguisme, voire du plurilinguisme, à:</p><p>a. aplanir les obstacles que constituent les frontières linguistiques et culturelles et éliminer ainsi les préjugés;</p><p>b. contribuer à la sauvegarde des langues régionales minoritaires;</p><p>c) mieux exploiter les possibilités qu'offre le marché européen du travail, ce qui suppose de la mobilité et donc la maîtrise de plus d'une langue.</p><p>Le Conseil de l'Europe soutient plusieurs initiatives fondées sur une éducation bilingue précoce (voir Conseil de l'Europe, Atelier 5A). Si la Suisse s'engageait dans cette voie, elle pourrait, en tirant parti des avantages qu'elle possède, retrouver la position privilégiée qui était la sienne en Europe.</p><p>5. Nécessité économique</p><p>Indépendamment des considérations relatives à notre situation en Europe, il convient de relever que le secteur des prestations de service prend une importance sans cesse croissante dans l'économie et que ce secteur exige des connaissances linguistiques bien plus importantes que les secteurs primaire et secondaire. En Suisse même, on demande une mobilité accrue des travailleurs, qui devraient pouvoir traverser les frontières linguistiques sans difficulté. </p><p>6. Nécessité de pallier la connaissance insuffisante des langues nationales</p><p>L'encouragement de la connaissance d'une seconde langue s'impose spécialement en ce qui concerne les langues nationales, car on constate dans ce domaine des lacunes beaucoup plus importantes, et qu'il convient de combler, que pour l'anglais, langue d'importance mondiale (il ressort d'enquêtes menées notamment dans la jeunesse que celle-ci est plus sûre de ses connaissances en anglais - dont l'enseignement commence pourtant plus tard à l'école et est moins intensif - que de celles qu'elle possède dans une autre langue nationale).</p><p>7. Soutien de la Confédération</p><p>Le groupe de travail interdisciplinaire de la commission académique de l'Université de Berne (interdisziplinäre Arbeitsgruppe der Akademischen Kommission der Universität Bern) qui étudie de façon approfondie tous les aspects de l'éducation bilingue, constate que les conditions permettant de dispenser un tel enseignement sous ses diverses formes sont excellentes en Suisse, si on compare la situation existant dans notre pays à celle que l'on trouve au Canada, en France, en Allemagne et en Grande-Bretagne (Watts et Andres 1990; Andres 1990). L'étude montre cependant que les modèles d'éducation bilingue ne donnent satisfaction que s'ils sont conçus de manière à prendre en considération les différentes données régionales, culturelles, sociales et politiques. Des enquêtes faites dans des régions dans lesquelles on applique des modèles d'éducation bilingue telles que le pays de Galles, le Canada, le Pays basque, le Val d'Aoste, la Nouvelle-Zélande, etc. (voir entre autres Baker 1988), ont permis de constater que cela est une condition du succès. Par conséquent, des études scientifiques sont nécessaires pour élaborer les modèles adaptés aux conditions locales, évaluer le matériel scolaire, encadrer les parents, les instituteurs et les autorités scolaires, exploiter les résultats de l'enseignement dispensé, tirer profit de l'expérience acquise pour pouvoir élaborer de nouveaux modèles, etc. A cet effet, les cantons intéressés devraient pouvoir compter sur le soutien de la Confédération, sans qu'il y ait pour autant ingérence dans les domaines relevant de leur compétence.</p>
    • <p>Il convient de modifier l'article 27 de la constitution comme suit:</p><p>- Les cantons encouragent l'éducation bilingue dans les langues nationales.</p><p>- La Confédération soutient les efforts des cantons visant à promouvoir une éducation bilingue adaptée à la région et à sa culture, en particulier dans le domaine de la recherche, du suivi des projets et de l'exploitation des résultats.</p>
    • Encouragement de l'éducation bilingue

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